Psychiatrie et prison : la question du soin aux personnes détenues

La Bibliothèque interuniversitaire de recherche en lettres et sciences humaines (BIU Lsh) et le laboratoire Triangle mettent en place au sein de l’Université de Lyon des journées d’étude conçues comme un carrefour et un lieu d’échanges entre l’actualité médico-sociale et les sciences humaines, dans le contexte de l’ouverture officielle à Lyon en 2010 de la première UHSA de France (UHSA : Unité d’Hospitalisation Spécialement Aménagée) sur le site du Centre Hospitalier Le Vinatier (CHV) de Lyon-Bron.

Cette ouverture de l’UHSA Simone Veil s’accompagne d’une couverture médiatique importante. Le dispositif national semble nouveau et pose question : "Ce lieu de soins psychiatriques pour personnes détenues relève-t-il de l’hôpital ou de la prison ? Comment rester médecin et soignant au service de l’individu au sein d’un dispositif contraignant qui va dans le sens d’une régulation de l’ordre social ?" Pour le moins se dessine un conflit des normes, produisant un sujet hybride, mi-patient mi-détenu, et un reste probable : sa souffrance et la parole de sa souffrance.

Pour répondre à ces questions, il faudra certainement interroger le projet UHSA lui-même, dans son actualité mais aussi par des mises en perspective historiques et philosophiques. Les réponses que l’on peut apporter à ces questions relayées par les médias sont si complexes qu’il y a tout intérêt à les donner à travers une rencontre interdisciplinaire et un croisement de regards, dans une approche qui convoque à la fois les acteurs directement impliqués (équipes de soin psychiatrique, juristes, administration pénitentiaire) et des équipes de recherche universitaire dans les domaines des sciences de l’homme et de la société ainsi que des créateurs artistiques et des interprètes, pour un dialogue à multiples facettes.

Il s’agit moins au terme de ce dialogue de juger un fait de société ou de lui proposer une réponse unique, que de juxtaposer et de confronter des points de vue pour mieux faire percevoir l’implicite des enjeux et des discours relatifs à la création de l’UHSA. La recherche en sciences humaines et sociales apportera la richesse de ces analyses indispensables à une vraie profondeur de pensée sur un sujet sensible et très vite amplifié par les médias. Sur un sujet de société aussi lourd et dans la proximité géographique d’une telle structure, il semble en outre important aux porteurs du projet qu’une bibliothèque de lettres et sciences humaines soit le lieu pour accueillir des formulations sereines et croisées concernant ces questionnements de fond.

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Voici plus de six ans, l’UHSA Simone Veil de Bron-Vinatier ouvrait ses portes et accueillait ses premiers patients détenus. Cette unité a 60 lits répartis en trois unités. Chaque unité a un projet particulier : accueil d’un patient en crise, soins individualisés, réadaptation. L’UHSA (unité hospitalières spécialement aménagées) reçoit des patients en hospitalisation libre ou sans consentement, recevant plutôt des malades souffrant de pathologies psychiatriques décompensées (psychoses, épisodes dépressifs graves). A ce jour, sept autres UHSA ont été ouvertes en France. Il était donc intéressant de retourner interviewer le Capitaine Jean-Christophe Wiart que la Fondation avait déjà rencontré en novembre 2010 pour tirer les premiers enseignements de deux ans d’expérience du métier de surveillant en un tel lieu.

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