Le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté aux rencontres photographiques d’Arles 2010

Cette exposition montre aussi les limites de la photographie, qui ne dit pas les nuances qui constituent l’échec de l’incarcération. Une télévision, un atelier de travail, une bibliothèque sur une photo semblent offrir des possibilités aux prisonniers qui, en fait, n’existent pas pour la plupart d’entre eux et en tout cas pas sur une base régulière. L’hygiène et la sécurité sont bafouées quotidiennement, les misères morales le lot quotidien, les lois comme le salaire minimum ou l’accès à la santé sont transgressées par l’État lui-même.

L’image d’une prison neuve semble une solution, or l’image ne dit pas que le taux de suicide y est plus important que dans les prisons vétustes. Trois personnes dans une cellule, cela se voit, ce qui ne se voit pas, c’est qu’un détenu debout signifie que deux sont allongés car il est impossible de s’asseoir. 22 heures sur 24 dans sa cellule, on imagine dans quel état psychique et physique sont les détenus. Tout cela ne se voit pas sur une photo, d’ou notre décision de choisir des photographies volontairement peu bavardes et de donner une importance inhabituelle aux légendes. Celles ci sont toutes extraites des rapports 2008 et 2009 du Controleur général des lieux de privation de liberté (Editions Dalloz).

Loin d’un reportage, cette exposition est une alerte sur un outil trop mal connu de notre démocratie. Afin d’informer largement nous avons décidé de répartir cette exposition sur le chemin des visiteurs des Rencontres, en utilisant des éléments de décors des années précédentes.

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