Médecin en unité de soins palliatifs

"Médecin généraliste en exercice depuis 23 ans, je me suis formée depuis 10 ans à la médecine palliative et j’exerce actuellement cette activité à temps plein au Centre Léon Bérard. Par ailleurs, depuis 10 ans également, je suis engagée et membre du conseil d’administration de l’association RESONANCE, promoteur d’un réseau de soins palliatifs sur le territoire de Lyon et Villeurbanne.

Depuis plusieurs décennies, le mouvement des soins palliatifs promeut un « prendre-soin » centré sur la singularité de la personne dans toutes ses dimensions humaines : médicales, psychologiques, sociales et spirituelles. Il développe également une sensibilisation auprès du grand public afin que chacun de nos contemporains puisse prendre part à la réflexion autour de cette période de la vie qui nous concerne tous.

Les questions majeures autour de la fin de vie dépassent largement le cadre bien réducteur exposé dans une médiatisation binaire : pour ou contre l’euthanasie !

L’ensemble des questions qui se posent à nous, est éminemment plus complexe, dans une société où la vulnérabilité et la fragilité humaines pouvant conduire à une dépendance à l’autre, sont considérées comme indignes. Une réflexion articulant les questions médicales aux sciences humaines est incontournable.

Dans ce contexte, j’ai souhaité approfondir ma réflexion et développer ma pensée en m’appuyant sur un apport philosophique et éthique de référence. Parallèlement à mon activité professionnelle, j’ai suivi et validé un cursus de master 2 intitulé « culture et santé » à la faculté de philosophie de Lyon 3. Mon travail de recherche s’est intéressé à la question du temps en cancérologie et notamment en fin de vie. Je remercie la Fondation qui m’a soutenue dans ce travail.

Depuis plusieurs mois, nous (l’équipe pluridisciplinaire dans laquelle je travaille) avons l’opportunité de travailler régulièrement avec une jeune philosophe qui poursuit ses recherches dans le domaine de l’éthique en santé. Ensemble, nous réfléchissons aux nombreuses questions posées par la complexité des situations en cancérologie, notamment quand la maladie évolue. En effet, si le pronostic de la maladie métastatique s’améliore en terme de survie et que s’installe une forme de « maladie chronique » au sein d’une « médecine personnalisée », qu’en est-il de la singularité du patient, dans ses composantes psycho-sociales, spirituelles ?

Sous l’impulsion du Dr Chvetzoff, coordinatrice du département des soins de support, nous réfléchissons aux différents « croisements » et articulations possibles entre médecins, plus particulièrement jeunes (internes ou étudiants en médecine) et étudiants en sciences humaines intéressés par les questions de santé, notamment relatives à la maladie grave, chronique, ou de recherche.

  1. Nous avons initié une « expérimentation » de croisements entre internes en médecine et étudiants de master de sciences humaines : les premiers bénéficiant d’une formation en éthique en santé et aux méthodes de recherches en sciences humaines et les seconds expérimentant des terrains de stage dans des établissements de santé.
  2. Nous avons été sollicités par le département de sciences humaines de la faculté de médecine pour participer à un module d’enseignement d’un master autour des questions interdisciplinaires comme notamment la douleur…

Pour conclure, il s’agit de construire collectivement une réflexion pluridisciplinaire face aux multiples défis de la cancérologie moderne, en suscitant le questionnement à partir du travail et des situations complexes du quotidien ; ceci dans une articulation bio-médecine et sciences humaines et sociales.

Ceci se réalise dans le travail d’une conceptualisation des questions posées à l’exercice médical.

« Permettre un recul, une prise de conscience pour un meilleur éclairage des décisions ; interroger la rationalité de l’agir thérapeutique ; expliciter la part des représentations culturelles et inter culturelles de la santé et de la décision médicale ». Ces phrases extraites du programme et des objectifs du master 2 « Culture et Santé », résument et explicitent ce que nous tentons de mener au quotidien, en équipe.


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Nées à l’initiative d’un petit collectif de cinq personnes, infirmières et médecin, habité par la conviction qu’une mise en mots sur notre pratique est porteur de sens pour notre monde médico-social, les causeries médico-sociales ont dorénavant un site Internet...

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