Comment en parler : maltraitance ou bientraitance ?

Maltraitance : un mot que l’on souhaitait ne jamais avoir à prononcer et qu’il était difficile d’employer, que ce soit face à des familles de patients hospitalisés ou de résidents en EHPAD (1), ou face à des professionnels qui pouvaient y voir à leur égard une suspicion injustifiée.

Bien sûr il s’agit d’un phénomène rare, mais dont il est impossible de certifier qu’il ne se produit jamais. Par ailleurs, sa définition est difficile à formuler, voire impossible, ou en tout cas assez incertaine. Il a longtemps recouvert dans la compréhension générale des actes graves dont la réalité est difficile à vérifier pour un responsable, à dénoncer pour un collègue de travail, et à reconnaitre pour le professionnel qui s’en rendait coupable.

Depuis quelques années, un renversement s’est produit dont le sens est fort et dépasse la seule sémantique. Si l’on reconnaît bien sûr toujours la nécessité de sanctionner la maltraitance grave quand elle a été vérifiée, on parle d’abord de promouvoir la bientraitance.

Cette évolution repose sur plusieurs idées convergentes :

- Des études ont conduit à reconnaitre que la maltraitance ne recouvre pas forcément que des actes graves, mais aussi qu’il peut exister une maltraitance « ordinaire » appelée ainsi « parce qu’elle n’est pas hors du commun et que le risque le plus important de maltraitance réside dans sa banalisation, son « invisibilité » et donc son acceptation passive » (2).

- La bientraitance pourrait alors être définie comme un état satisfaisant de respect des droits des personnes soignées, fondé sur une démarche positive partagée dans l’établissement entre tous les échelons de la hiérarchie. Si l’on est dans cette dynamique, il devient bien sûr plus facile et plus naturel d’aborder ce sujet avec les professionnels, par cette aspiration à la bientraitance et sans donner immédiatement l’impression de rechercher son versant négatif, la maltraitance. En outre, la démarche est très vite bien plus ambitieuse que celle qui viserait à éviter la seule maltraitance.

- Un point extrêmement important qui ouvre bien un autre débat encore délicat : on considère de plus en plus que la qualité de vie des professionnels au travail serait un facteur (sinon une condition) de bientraitance des patients, la maltraitance des professionnels risquant d’engendrer celle des patients par ces professionnels. Ceci explique bien sûr que la HAS (3) ait lancé aussi un chantier sur ce thème délicat.

Des outils sont actuellement disponibles sur le site de la HAS, qui visent à aider les établissements et leurs professionnels à faire une autoévaluation de leurs pratiques, et à mettre ensuite en place des actions de prévention du risque et de management de la démarche. Reste à s’approprier ensemble ces outils pour faire évoluer les pratiques au profit des personnes soignées.

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1. EHPAD : établissement d’hébergement de personnes âgées dépendantes (anciennes maisons de retraite)

2. Cf. « La maltraitance « ordinaire » dans les établissements de santé » Claire Compagnon et Véronique Ghadi 2009

3. HAS : Haute Autorité de Santé


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