Les suicides dans les prisons françaises en 2012

Sur la base des données fournies par l’Administration pénitentiaire, l’Observatoire des Prisons et Autres Lieux d’Enfermement (OPALE) vient de présenter une étude sur les suicides des personnes sous écrou et, en particulier, détenues dans les prisons françaises.

En 2012, l’administration pénitentiaire a enregistré 123 suicides sous écrou, ce qui correspond à un taux de suicides de 16 pour 10.000 personnes placées sous écrou contre 17 pour 10.000 l’année précédente.

Ce taux tend à diminuer depuis 1996 (25 pour 10.000) : 23 pour 10.000, en moyenne en « 1997-2001 », 20 pour 10.000 en « 2002-2006 », 17 pour 10.000 en « 2007-2011 ».

Sur les cinq dernières années, le nombre de suicides a oscillé entre 115 et 123, alors que nous assistions à une forte augmentation du nombre moyen de personnes sous écrou : + 15,66 %. Il en résulte une baisse de deux points du taux de suicide pour 10.000 personnes sous écrou, puisqu’il est en 2012 de 16. C’est ce que montre le tableau ci-dessous :

Suicides sous écrou
Année20082009201020112012
Ecroués au 1er janvier 64.003 66.178 66.089 66.975 73.280
Nombre moyen d’écroués 65.090 66.133 66.532 70.377 75.289
Suicides 115 122 121 123 123
Taux de suicide pour 10.000 écroués 18 18 18 17 16

La distinction selon le lieu du passage à l’acte est évidemment importante : on compte, en 2012, un peu moins de suicides en détention qu’au cours des trois années précédentes (106 contre 116 en 2011, 109 en 2010 et 115 en 2009) et nettement plus de suicides hors détention (17 en 2012 contre 7 contre 2011, 12 en 2010 et 7 en 2009). La moitié de ces suicides concernent des condamnés placés sous surveillance électronique.

Lieu du passage à l’acte pour les suicides sous écrou
Année2009201020112012
Ensemble 122 121 123 123
Passage à l’acte en détention 115 109 116 106
dont décès en détention 105 95 100 94
dont décès à l’hôpital 10 14 16 12
Passage à l’acte hors détention 7 12 7 17
dont passage à l’acte sous placement sous surveillance électronique 1 6 5 9
dont décès à l’hôpital 4 3 2 5
dont autres 2 3 2 3

Dans une période où le placement sous surveillance (PSE) tend à se développer, on notera que le taux de suicide sous PSE est de 10 pour 10.000 en 2012, soit un ordre de grandeur identique à 2007, 2008 et 2010. Nous n’avons pas de données pour 2011. Il est donc inférieur au taux de suicide en prison (16 pour 10.000 en 2012).

L’OPALE a dressé la liste des établissements pénitentiaires ou quartiers où l’on a recensé au moins 3 suicides en 2012. Tout en insistant sur la prudence dont on doit faire preuve à la lecture de taux calculés sur des petits effectifs, l’étude a permis tout de même de relativiser, au sens statistique du terme, certaines perceptions.

Ainsi la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis avec 4 suicides en 2012 a un taux de suicides inférieur au taux national (11 pour 10.000 contre 16 pour 10.000 en France). Mais on notera les taux particulièrement élevés au centre de détention de Mauzac (84 pour 10.000), à la maison d’arrêt de Valencienne (81 pour 10.000) et au quartier « centre de détention » de Longuenesse (77 pour 10.000).

Par contre, les nouveaux établissements du programme 13.200 où les personnes détenues se plaignent d’une solitude plus grande et d’une perception plus importante de l’enfermement ont un taux bien supérieur au taux national. Ainsi Nancy-Maxeville a un taux de 51 pour 10.000 et Lyon-Corbas de 34 pour 10.000, alors que le quartier "maison d’arrêt" des Baumettes, à Marseille, a un taux de 19 pour 10.000.

Source : Site de l’OPALE, avril 2013 et ACP n° 320

Pour aller plus loin : Suicide en prison : la France comparée à ses voisins européens, par Géraldine Duthé, Angélique Hazard, Annie Kensey et Jean-Louis Pan Ké Shon, in Population & Sociétés n° 462, décembre 2009


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