A l’ombre de la République

Diffusé il y a un an sur Canal+ et en salle depuis mars 2011, ce film n’a rien perdu de sa force. Il nous montre le travail d’une quinzaine de contrôleurs qui dépendent du contrôleur général des lieux de privation de liberté, haut fonctionnaire indépendant de toute autorité, habilité à pénétrer dans tous les endroits dont les occupants n’ont pas le droit de sortir et à saisir les autorités en cas de manquement au droit.

Leurs lieux de mission : la maison d’arrêt de femmes de Versailles, l’hôpital psychiatrique d’Evreux, la Centrale de l’île de Ré et, enfin, la toute nouvelle prison de Bourg-en-Bresse.

Pendant ces quelques semaines d’immersion à leurs côtés au cœur des quartiers disciplinaires, dans les cours de promenade des prisons ou dans le secret des chambres d’isolement, un voile se lève sur l’enfermement et la réalité des droits fondamentaux en ces lieux.

Réalisatrice de courts-métrages et de nombreuses productions télévisées, parmi lesquelles Louise, son père, ses mères, son frère et ses sœurs ou Hôpital au bord de la crise de nerfs, Stephane Mercurio n’en est pas à son coup d’essai. Elle a réalisé son premier film de cinéma en 2010 avec Mourir ? Plutôt crever !, sur le dessinateur Sine.

La réalisatrice Stephane Mercurio explique ainsi l’origine de ce documentaire : "En 2008 sortait mon film A côté, sur les familles de détenus. Lors d’une projection au Sénat, Jean-Marie Delarue, tout juste nommé contrôleur général des lieux privatifs de liberté, était présent. Quelques mois plus tard, nous nous sommes rencontrés. Il avait toujours refusé la présence de toute caméra. L’idée d’un film documentaire à la fois sur le contrôle et sur l’enfermement a séduit le contrôleur général", se rappelle-t-elle, en poursuivant : "A ses yeux, le film précédent était la garantie que je saurai respecter ceux qui nous ferons confiance. Dès ce moment, ma liberté fut totale et son engagement sans faille" .

Le film a nécessité énormément de préparation, le sujet étant sensible, et les autorisations difficiles à obtenir. Après avoir passé plusieurs semaines avec les contrôleurs du CGLPL, la réalisatrice a écrit le scénario en avril 2010, et le tournage débuta en octobre de la même année.

Pour le tournage, les détenus le souhaitant ont pu témoigner à visage découvert, un fait par la suite contesté par l’administration carcérale. En cause, l’article 41 de la loi pénitentiaire, qui pousse les établissements à flouter ou non les visages sans véritable raison, au mépris des choix et des droits des détenus. Comme l’explique Jean-Michel Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui regrette ces agissements : "Pouvoir exercer son droit à l’image, c’est reprendre possession de soi ; c’est participer à un premier acte de sa propre réinsertion."

A l’ombre de la République

Film documentaire français de Stéphane Mercurio (1 h 40)

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