Débat autour de la création d’une prison expérimentale dans le Jura

Saint-Julien-sur-Suran est à mi-chemin entre les maisons d’arrêt de Lons-le-Saunier et de Bourg-en Bresse.

A la suite d’une réunion paritaire à laquelle participait Pierre Botton, Président fondateur des Prisons du Cœur, la totalité des options choisies par cette association ont été validées par la Direction de l’Administration pénitentiaire :

- Population pénale concernée : hommes volontaires sélectionnés, n’ayant jamais fait l’objet de condamnation de nature sexuelle, ni pour crime de sang. Ce sont des primo-incarcérés avec une peine supérieure à 6 mois, inférieure à 5 ans sans condition d’âge.

- La présence adossée à la prison d’un centre commercial ouvert au public est confirmée. Ce sont les détenus en fin de peine qui serviront les clients.

- Le paiement au détenu d’un salaire identique à celui de la vie « normale » pour l’emploi, qu’ils auront au sein de l’établissement, est également acquis.

- Le contrat de confiance entre les structures de l’établissement et le détenu, implique que celui-ci se voit remettre la clef de sa cellule démunie de barreau. Absence de tout quartier disciplinaire. Aucun grillage, ni barbelé dans tout l’établissement à l’exception de la double paroi grillagée délimitant le centre.

- En cas de rupture du contrat de confiance, la sanction est immédiate avec renvoi dans les structures pénitentiaires classiques.

- Un comité de surveillance rassemblera les élus et les représentants des associations présentes sur la commune afin de créer un réel lien entre la population et l’ensemble des hommes et femmes (surveillants, éducateurs, détenus, etc..) présents sur le site.

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Deux éléments ont obtenu l’accord de la Direction de l’Administration pénitentiaire mais restent soumis à la décision du Ministre, compte tenu de leurs éventuelles incidences sur l’ensemble des prisons françaises :

- Le téléphone portable pour tous les détenus,
- L’absence d’œilleton sur les portes des cellules.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur Les prisons du coeur et cliquez sur les photos pour les agrandir.

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Mais cette décision pose question au Syndicat national des directeurs pénitentiaires. Dans une tribune : "Prisons : gare à la privatisation du service public pénitentiaire" , publiée par le quotidien LIBERATION le 31 janvier 2012, le syndicat estime que l’initiative de la création d’un établissement pénitentiaire ou l’invention de nouvelles modalités d’exécution des peines ne peut être confiée à une personne privée. Pour lui, le monopole étatique de l’initiative en matière de justice et de modalité d’exécution des décisions de justice est la garantie ultime contre la privatisation du service public pénitentiaire. Or, toujours selon le SNDP, le projet Botton porte en lui les germes d’une « libéralisation » des prisons : il annonce qu’une personne privée pourra prendre l’initiative de créer un établissement pénitentiaire. Aller plus loin dans la délégation de la mission pénitentiaire et accorder aux personnes privées le droit de prendre l’initiative de créer un établissement et d’en établir les grands principes de fonctionnement est dangereux. Voilà pourquoi il estime nécessaire une requalification du projet de Botton en structure privée de réinsertion. En effet, il existe en France des milliers de structures associatives proposant chaque jour des parcours individualisés de remobilisation et de réinsertion sociale (cures, formations, chantiers, travaux agricoles…). Les efforts et le comportement des personnes qui y sont placées sont contrôlés par les travailleurs sociaux de l’administration et les magistrats. C’est dans ce cadre que l’entreprise de Pierre Botton aurait toute sa place : celui-ci pourrait ainsi proposer, avec son association, ses moyens et ses compétences, des programmes d’insertion, appuyés sur l’ouverture de ce qui pourrait être un « foyer de vie » encadré par les travailleurs sociaux de son association.

Enfin, la population elle-même de Saint Jurian-sur-Suran est divisée. Le 11 mars 2012, la majorité des habitants inscrits sur les listes électorales se sont déplacés pour voter pour ou contre le projet. La population a rejeté à une petite majorité (53,39%) le dossier porté par Pierre Botton. Avec 251 votants sur 308 inscrits sur les listes électorales de la commune, la participation a été massive (81,49%), nouvelle preuve que le projet de prison-modèle ne laisse pas indifférent dans le village et la région.


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